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February 20, 2018, 4:09 pm

En marchant sur cette plage déserte, les yeux entre le sable humide de la marée descendante et l'horizon plus que bouché, je me suis dit qu'il serait très facile de disparaître, là, maintenant. Il suffirait d'entrer dans l'océan glacial et de marcher droit devant jusqu'à ne plus pouvoir respirer.

La corne de brume avait résonné toute la journée sur Saint-Malo, on ne voyait pas Dinard de l'autre côté et de la plage, même les murs de la cité corsaire étaient flous, le haut des clochers carrément dans le brouillard.

Il y avait peu de monde, la météo ne se prêtait guère au tourisme, il faut dire. Entre les rafales de vent, la bruine, voire le crachin et l'horizon bouché, les remparts étaient quasi déserts et sur le sable en contrebas, à peine ai-je été dépassée par deux ou trois coureurs aux couleurs vives.

J'ai donc marché longtemps sur cette plage, à réfléchir au devenir de ma vie, à mes états d'âme à peu près aussi tourmentés que le temps de ce lundi de février en Bretagne, à la possibilité d'entrer dans l'eau pour ne plus en sortir, à tous les chouettes moments qu'il me restait sûrement à vivre, aux autres voyages (en solitaire ou non), aux questions qu'il ne vaut mieux pas se poser.

L'océan me manque quand il n'est pas là. Sa rumeur sourde, les cris des oiseaux, le reflux de la marée, les vagues qui lèchent les rochers, la meilleure berceuse qui soit, celle qui m'apaise. Et je ne parle pas du regard posé sur les flots aux couleurs toujours changeantes, jamais les mêmes mais dont le mouvement hypnotique se reproduit sans cesse. Le mer est mon plus sûr antidépresseur naturel (oui, je vois très bien la contradiction avec le premier paragraphe de cette note !). Dommage que j'en sois si loin dans ma vie quotidienne. Un jour viendra sans doute où je me rapprocherai de cette région chère à mon coeur.

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